La colonisation de l'Afrique

Une composition d'histoire : « La domination européenne sur l'Afrique en 1939 ».


Introduction

Initiée dès les XVIIe siècle et XVIIIe siècle, la colonisation de l'Afrique par les états européens s'accroît au XIXe siècle, par exemple avec la colonisation de l'Algérie par la France de Louis-Philippe en 1930. La Conférence de Berlin, en 1885, pose les règles de cette colonisation et marque le début d'un développement fulgurant : la totalité de l'Afrique est dominée par l'Europe en 1936, date de l'annexion de l'Éthiopie par Mussolini.

Mais quelles étaient les caractéristiques de cette domination ? Quelles furent ses faiblesses et ses erreurs ? Quels progrès et avancées a-t-elle permis ?

Nous en étudierons dans un premier temps les caractéristiques politiques, puis dans un second et troisième temps les caractéristiques économique et sociale. Pour chacun de ces domaines, nous tenterons d'expliquer les causes de la colonisation, les progrès réellement acquis et les limites rencontrées.

Partie I

Quelles furent les causes et l'organisation politiques de la colonisation africaine ?

La principale cause de cette colonisation était la montée du nationalisme en Europe. En effet, après l'unification de l'Italie et de l'Allemagne, les états européens désiraient s'affirmer. La conquête des colonies leur a ainsi permis d'augmenter leur prestige, par les possessions humaines et territoriales que constituaient leurs immenses empires coloniaux.

La France a alors conquis l'Ouest de l'Afrique ainsi que le Maghreb et Madagascar. La Grande-Bretagne possédait l'Est (Égypte, Soudan) ainsi que l'Afrique du Sud. La Belgique détenait le centre Sud (Congo) et l'Allemagne le Cameroun.

Ces possessions s'organisent en deux ensembles : les protectorats (dominions pour les anglo-saxons) étaient administrés par un gouvernement local soutenu par la métropole (par exemple le Maroc ou la Tunisie pour la France). À l'inverse, certaines régions comme l'Algérie étaient dirigées directement par la métropole. La France administrait ainsi deux entités administratives : l'AOF (Afrique Occidentale Française) et l'AEF (Afrique Équatoriale Française), en s'appuyant sur les chefs locaux qui n'avaient pas de réelle fonction administrative mais étaient chargés de percevoir les impôts, recruter les travailleurs et rendre la justice.

Cependant, les principales limites politiques étaient le manque de droits civiques et syndicaux. En effet, le suffrage était alors censitaire : seuls les Indigènes les plus riches pouvaient voter mais ils étaient sous-représentés dans les instances politiques. De plus, lorsqu'il y avait des assemblées élues, celles-ci n'avaient que peu de pouvoir. D'autre part, la liberté syndicale était quasi-inexistante dans l'Afrique de 1939. Enfin, les fonctionnaires autochtones ne se voyaient confier que des responsabilités de très bas niveau, les autres postes étant aux mains des Européens.

De plus, la colonisation africaine n'a pas omis de produire des tensions au sein de l'Europe. Ainsi, certains incidents (comme au Soudan, à la fin du XIXe siècle entre la France et la Grande-Bretagne, ou encore au Maroc dans la première moitié du XXe siècle entre la France et l'Allemagne) auraient pu déboucher sur des conflits, de même que l'annexion de l'Éthiopie par l'Italie en 1936.

Ainsi, dans leur volonté de conquêtes, les états européens on administré des régions entières de l'Afrique.

Partie II

Quelles furent les conséquences des colonies sur l'économie européenne ?

L'une des motivations européennes lors de la colonisation était la recherche de débouchés pour les productions et de cibles où envoyer capitaux et travailleurs. Ainsi, la Conférence de Berlin impose une liberté totale du commerce, pour lequel tout est mis en œuvre. Les colons, à leur arrivée, cherchent donc à développer les moyens de communications et de transports, par la construction de routes, canaux et voies ferrées.

De grands travaux d'irrigation sont entrepris, qui permettent la création d'immenses exploitations agricoles. De nouvelles espèces animales et végétales sont introduites. L'Europe profite de cette afflux de richesses et de matières premières à faible coût : bois exotiques, minerais divers et caoutchouc ainsi que de nombreux produits agricoles.

Les investissements, cependant, profitent peu à l'Afrique noire, étant plutôt destinés au Maghreb : l'investissement français, par exemple, fut plus faible en Afrique que dans le reste du monde. D'autre part, même si certains placements (bancaires en particulier) ont permis des fortunes rapides, les faillites n'en furent pas moins fréquentes, de même que celles des petites exploitations locales qui n'ont pas pu faire face aux grandes.

Un autre point est celui de l'industrie, dont le développement fut quasi-nul en Afrique, par peur de la concurrence que son implantation aurait pu introduire. De manière générale, on peut dire que l'économie coloniale a été bénéfique à l'Europe (notamment en amortissant la crise de 1929) mais n'a pas constitué un élément déterminant pour son développement économique, beaucoup d'affaires ayant finalement été peu rentables.

Dans un souci d'ouvrir son économie, l'Europe a ainsi créé un grand commerce avec l'Afrique mais celle-ci a peu profité du développement technologique européen.

Partie III

Quels progrès sociaux la colonisation a-t-elle apporté en Afrique ?

La Conférence de Berlin affirme le rôle des Européens « d'améliorer le bien-être des populations » ainsi que le but civilisateur du colonialisme. De fait, de réels progrès furent accomplis comme, par exemple, la fin de pratiques barbares comme le cannibalisme rituel. Dans le domaine des Droits de l'Homme, l'esclavage a connu une nette régression, bien que pratiqué depuis de nombreux siècles.

Le plus net progrès fut celui de la médecine. Les colons, dont l'intérêt était d'éradiquer les épidémies, ont construit des Instituts Pasteur, hôpitaux et dispensaires. La recherche a élaboré de nombreux vaccins (par exemple contre le paludisme) et des campagnes de vaccination massive ont été menées à l'époque de Louis Pasteur. S'ensuivirent une baisse de la mortalité et une augmentation du taux de natalité, encouragé par une politique populationniste des Européens cherchant de la main d'œuvre.

Les productions croissantes et le commerce ont constitué une solution aux famines chroniques mais n'ont pas su instaurer une sécurité alimentaire durable. De même, les universités, censées éduquer et donc civiliser un grand nombre d'autochtones n'ont pu conduire à l'émergence que de quelque élites (comme Léopold Sédar Senghor, agrégé de grammaire) mais n'ont pas profité à la majorité de la population.

Par ailleurs, de graves manquements aux Droits de l'Homme ont eu lieu. Ainsi, lors des expositions coloniales, de véritables « zoos humains » furent créés, pour servir la propagande de l'imagerie coloniale destinée à convaincre du bien fondé des colonies les Européens fascinés par le « mythe du bon sauvage », idéal d'innocence et de liberté depuis les philosophes des Lumières... Dans le domaine judiciaire, on peut également déplorer la justice arbitraire à laquelle certains pouvoirs locaux soumettaient les Indigènes ou encore le travail forcé (comme au Congo dans les années 1930).

La colonisation de l'Afrique par l'Europe a donc entraîné des avancées sociales, mais dans certains domaines seulement.

Conclusion

En conclusion, on peut dire qu'avant 1939, le partage de l'Afrique entre les différents pays européens a constitué, dans une majorité de domaines, une entrée dans la modernité pour les peuples locaux. De vrais progrès ont été apportés, comme en médecine ou encore dans le développement des transports et la réduction des famines mais ceux-ci étaient souvent limités, comme dans le domaine éducatif ou du développement industriel.

Il serait intéressant de s'interroger sur les changements que la Seconde Guerre Mondiale a provoqué et en quoi cet événement a modifié la politique du colonialisme, en Afrique et sur les autres continents.

Biographie

[Cliquez pour agrandir : 70 Kio] Lille - L'institut Pasteur : buste de Pasteur.

Biographie de Louis Pasteur

Scientifique français né le 27 décembre 1822 à Dole (Jura) ; décédé le 28 septembre 1895 à Marnes-la-Coquette (Seine-et-Oise).

Malgré ses dons artistiques (et son sens de l'observation) et son désir de devenir peintre, son père le força à faire des études et une carrière scientifiques à Strasbourg. Il déplaça l'Académie des sciences de Douai à Lille et reçu des caricatures sévères de la part de la presse. Il était cependant protégé par Napoléon III qui, en plus de ce mécénat, créa des villes universitaires dont Lille. Malgré son hémiplégie, il découvre les micro-organismes grâce à la fermentation, qu'il utilise d'abord pour fabriquer des alcools. Il découvre ensuite, à Paris, le vaccin contre la rage, en 1848. Il mourut en 1895 et eu droit à des funérailles nationales et à un tombeau à l'intérieur de l'Institut Pasteur de Paris.


Cette page en français a été créée par Peter à partir d'un exposé scolaire, le 4 janvier 2005 et modifiée pour la dernière fois le 24 août 2016. Son avancement est noté 2/3.