L'Imagination

Dossier de philosophie rassemblant mes dissertations issues du sujet de classes préparatoires 2006-2007 : « puissances de l'imagination ».


Présentation

Je présente ici mon travail effectué en seconde année de classe préparatoire (MP*, 2006-2007), durant laquelle le programme de philosophie était « Les Puissances de l'Imagination ». Le œuvres au programme étaient les suivantes :

Dissertations

Imagination et tromperie

« L'imagination est-elle nécessairement trompeuse ? »

La question posée est celle des illusions liées à l'imagination : notre imagination nous trompe-t-elle ? Nous donne-t-elle des représentations erronées ?]

Les réponses à cette question diffèrent : pour Descartes, l'imagination est imparfaite et limitée mais nous l'utilisons et nous y fions nous-mêmes continuellement.

Les grandes étapes de notre réflexion seront :

Partie I

Tout d'abord, pour Malebranche, l'imagination, lorsqu'elle est « forte », empêche les individus de réfléchir. En effet, « leur esprit est rempli d'idées », ce qui fait qu'ils « n'ont pas la liberté de penser à plusieurs choses en même temps » (La Recherche de la Vérité). Ainsi, l'imagination serait un obstacle à la raison puisqu'elle nous empêcherait d'exercer un examen logique en occupant notre cerveau.

D'autre part, comme le montre Proust dans Un amour de Swann, l'imagination nous donne de fausses informations qui nous poussent à élaborer de fausses représentations. Ainsi, Swann, le héros du livre, est-il persuadé que son amie Odette le trompe ; et cette idée finit par le hanter : « Et comment n'aurait-il pas été misanthrope quand dans tout homme il voyait un amant possible pour Odette ? » (p.129)

Enfin, l'imagination de Don Quichotte le trompe clairement. En effet, celui-ci croit voir des ennemis partout, est persuadé qu'un plat à barbe est un heaume et pense encore être victime d'enchantements : « Au milieu de nous s'agite incessamment une troupe d'enchanteurs qui changent et transforment les choses à leur guise, voilà pourquoi cet objet, qui te paraît à toi un plat à barbe de barbier, me paraît à moi le heaume de Mambrin » (chapitre XXV), et beaucoup le croient donc fou.

Ainsi, notre imagination nous tromperait, en nous faisant croire en des vérités erronées ou encore en nous empêchant d'exercer notre sens critique. Cependant, l'imagination est-elle systématiquement illusoire ?

Partie II

On peut tout d'abord constater que l'imagination aide parfois à comprendre la réalité. Ainsi, une partie importante de l'approche scientifique empirique consiste à interpréter les résultats d'expériences menées, pour en tirer des lois générales. Le fait d'imaginer des explications aux phénomènes est alors essentiel.

De plus, l'imagination autorise l'évasion puisqu'elle permet de dépasser la réalité en inventant plus. Le divertissement, par exemple, nécessite l'imagination pour mettre en place, le temps d'une histoire, des personnages, lieux et objets qui n'existent alors que dans l'esprit des auditeurs ou spectateurs. Par conséquent, c'est l'imagination qui nous permet, lorsque nous lisons un livre ou regardons un film, de nous immerger totalement dans le récit pour en vivre l'action avec les protagonistes qui prennent alors temporairement dans nos esprits la place de la réalité, jusqu'à nous faire oublier où nous sommes.

Enfin, d'après Malebranche, l'imagination nous « conduit à Dieu ». En effet, Malebranche considère comme une preuve du providentialisme le fait que l'homme fonctionne (certes, comme une machine) de manière parfaite. Ainsi, par exemple, notre humeur semble parfaitement traduite par les expressions de notre visage, à tel point qu'il est souvent possible de deviner l'état d'esprit de quelqu'un en le regardant, notre imagination nous traduisant alors cette information.

L'imagination peut donc être utile, par exemple lorsqu'elle nous aide à interpréter la réalité ou à nous évader lorsque nous lisons pour nous divertir. Nous serait-elle alors nécessaire ?

Partie III

C'est d'abord l'imagination qui nous permet d'associer des perceptions à des situations ou à des personnes. Par exemple, Swann a progressivement associé la « sonate de Vinteuil » à Odette et au sentiment amoureux, puisqu'il parle de « cet amour pour une phrase musicale » qu'il « souhaita passionnément revoir une troisième fois ». De même, notre imagination accompagne toutes nos perceptions et leur est certainement indispensable, car nous les comparons à chaque instant à nos représentations, qu'il s'agisse d'appréhender un lieu, une œuvre ou une personne.

D'autre part, l'imagination nous est nécessaire car elle nous permet d'envisager un monde idéal. Ainsi, nos œuvres de fiction ne nous parlent pas uniquement de fantastique, mais nous donnent également des modèles, en décrivant un univers, des actions et des personnages parfaits, ce qui nous permet de concevoir des notions abstraites telles que le courage, la liberté, l'amour ou la sagesse.

Finalement, le roman de Cervantes, qui semble raconter l'histoire d'un fou, serait alors la description d'un idéal de conduite, conforme à un code moral, pour nous former à une certaine éthique. C'est ce qu'explique Don Quichotte par : « On institua l'ordre des chevaliers errants pour défendre les filles, protéger les veuves, favoriser les orphelins et secourir les malheureux » (chapitre XI), nous faisant découvrir la noblesse d'un chevalier.

Conclusion

Au premier abord, l'imagination paraît nous tromper, par des illusions ou en nous empêchant de réfléchir.

Cependant, elle autorise la démarche empirique et l'évasion dans les loisirs, tout en traduisant nos perceptions.

Elle nous est finalement indispensable, pour faire le lien entre nos représentations et la réalité et nous faire concevoir des idéaux.

Bibliographie

Imagination et limites

Commentaire d'une citation d'Herbert Marcuse sur l'imagination ; « La valeur authentique de l'imagination ne concerne pas seulement le passé, mais aussi le futur : les formes de la liberté et du bonheur qu'elle évoque tendent à libérer la réalité historique. C'est dans son refus d'accepter comme définitives les limitations imposées à la liberté et au bonheur par le principe de réalité, dans son refus d'oublier ce qui peut être, que réside la fonction critique de l'imagination. »
Herbert Marcuse, Eros et civilisation

L'imagination semble refuser les limites que la réalité impose à la liberté et au bonheur. Peut-elle alors remettre en cause les limites qui lui sont imposées, et la réalité elle-même ?]

Pour Cervantes, le but de l'imagination semble être de dépasser la réalité pour présenter un monde idéal. Malebranche, quant à lui, affirme qu'elle détermine le contenu de nos pensées et permet l'existence d'une société. Pour Proust, enfin, l'imagination est indispensable pour mieux connaître les autres et soi-même.

Les grandes étapes de notre réflexion seront :

Partie I

Descartes nous montre tout d'abord que notre imagination est faible et sa portée limitée : « Je ne puis pas imaginer les mille côtés d'un chiliogone, comme je fais les trois d'un triangle » explique-t-il dans Les Méditations Métaphysiques. Ainsi, notre imagination est clairement plus faible que notre entendement puisque nous pouvons aisément comprendre ce qu'est un chiliogone, c'est-à-dire comprendre sa définition, sans pouvoir nous le représenter intérieurement par une image précise. Puisque l'imagination est ainsi limitée, il paraît impossible qu'elle puisse remettre en cause la réalité.

Pour Malebranche, d'autre part, l'imagination est assez limitée puisque non-créatrice. En effet, il explique dans La Recherche de la Vérité que l'imagination est toujours soumise au corps et déterminée par lui, n'étant que l'expression d'événements nerveux du cerveau : « chez Malebranche, l'imagination est tributaire de toutes les modifications physiologiques, dont elle ne peut être la cause » (introduction au livre). Ainsi, puisque l'imagination n'est que la conséquence de flux cérébraux, elle est totalement soumise aux réalités physiques et matérielles et ne semble donc pas pouvoir « refuser d'accepter les limites » de la réalité.

Enfin, l'imaginaire de Don Quichotte est tiré des romans de chevalerie. On peut donc s'interroger sur l'influence que ceux-ci ont sur le héros. En effet, il est clair que Don Quichotte est fortement influencé par ses lectures puisque celles-ci l'ont rendu fou : il s'imagine lui-même être un chevalier errant et agit comme si le monde réel était celui de ces romans. Cependant, il semble que l'imagination du personnage ne se soit pas vraiment libérée de la réalité : elle paraît au contraire enfermée dans l'univers restreint de la chevalerie. Ainsi, Don Quichotte justifie toutes ses actions par des références aux livres : « Je veux imiter Amadis en faisant le désespéré, l'insensé, le forcené. J'en profiterai pour imiter en même temps le valeureux Roland » (chap.XXV, p.268) et ne semble plus tenir compte de la réalité. Il est également persuadé de la véracité du contenu des romans de chevalerie et ne permet pas que l'on les contredise : « prétendre qu'Amadis n'a jamais existé, c'est soutenir que le Soleil n'éclaire pas » (chap.XLIX, p.547). On peut donc affirmer que l'imagination de Don Quichotte, au lieu de libérer celui-ci, l'a aliéné en restreignant ses références et sa vision du monde.

L'imagination paraît donc limitée, puisqu'elle ne parvient pas à tout représenter, reste composée d'influx nerveux et s'impose elle-même des limites plus contraignantes que celles de la réalité. Cependant, ne lui arrive-t-il pas de mettre en doute cette réalité ?

Partie II

Dans l'œuvre de Proust Un amour de Swann, l'imagination de Swann le laisse penser qu'Odette le trompe, même s'il n'en a pas de preuves concrètes. C'est donc son imagination qui interprète les petits signes que Swann croit percevoir et construit sur ces bases l'idée qu'il se fait d'Odette. Ce comportement de l'imagination est à la fois négatif, car Swann s'imagine des choses fausses, et positif puisqu'il permettra, par la suite, au protagoniste de se découvrir lui-même. En effet, Swann s'interrogera plus tard sur cet amour qu'il prendra comme une expérience vécue nécessaire et pourra avoir un avis critique sur cet épisode de sa vie : « Dire que j'ai gâché des années de ma vie, que j'ai voulu mourir, que j'ai eu mon plus grand amour, pour une femme qui ne me plaisait pas, qui n'était pas mon genre ! », phrase qui conclut le livre. Ainsi, l'imagination de Swann lui aura fait découvrir une certaine réalité et permis de mieux se connaître lui-même, en interprétant la réalité.

D'après Malebranche, l'imagination est indispensable à la construction d'une société civile parce qu'elle crée des liens entre les individus. Ainsi, par exemple, nous éprouverions les mêmes sensations que ceux que nous voyons car l'expression de leur visage nous transmettrait leur imagination et cette propagation serait indispensable à une entente entre les hommes. La « communauté humaine » serait ainsi fondée sur le « partage d'un imaginaire » (Partie I du livre) On en déduit que l'imagination est complémentaire des sens et nous renseigne sur ce que notre perception ne suffit pas à cerner. Elle s'approprie donc la réalité, d'une certaine manière, et la complète donc en nous la traduisant.

On peut tout d'abord constater que l'imagination est nécessaire pour concevoir l'action de choisir. En effet, c'est l'imagination qui nous permet d'appréhender plusieurs choix en nous faisant nous formuler plusieurs réalités futures possibles pour les examiner, avant de choisir l'une de ces options. Ainsi, comme le dit Sartre dans L'imaginaire : « Pour qu'une conscience puisse imaginer il faut qu'elle [ait] une position de recul par rapport au monde. En un mot il faut qu'elle soit libre. » L'imagination serait donc une sorte de sens critique, non-totalement soumis à la réalité puisqu'ayant une certaine distance vis-à-vis d'elle et permettant une analyse de la réalité, nécessaire à la décision.

L'imagination permettrait donc une certaine remise en cause de la réalité en soumettant « autre chose » à notre jugement et en introduisant un peu de recul par rapport à elle. Jusqu'à quel point notre imagination peut-elle remettre en cause la réalité ?

Partie III

On peut d'abord remarquer que l'imagination paraît parfois permettre l'accès à un niveau différent de l'information, c'est-à-dire pas seulement à l'information elle-même mais également, par exemple, à des sentiments ou des états d'esprit que nous lui associons. Ainsi, Swann a progressivement associé la « sonate de Vinteuil » à Odette et au sentiment amoureux, puisqu'il parle de « cet amour pour une phrase musicale » qu'il « souhaita passionnément revoir une troisième fois » (p.37). De même, notre imagination accompagne toutes nos perceptions et leur est certainement indispensable, car nous les comparons à chaque instant à nos représentations, qu'il s'agisse d'appréhender un lieu, une œuvre ou une personne. Par conséquent, notre imagination remettrait en cause la réalité, en la complétant avec ces nombreuses autres données, puisque celles-ci modifient notre vision du réel.

D'autre part, l'imagination, associée à la volonté, permet effectivement de refuser les barrières que la réalité impose à la liberté, se croire libre étant parfois suffisant pour l'être. On peut citer l'exemple d'Épictète, esclave stoïcien romain, qui prétendait que sa condition d'esclave n'était pas un obstacle à sa liberté : « taxe-toi donc ou comme libre ou comme esclave, cela dépend de toi », dit-il dans Les Entretiens. Il semble donc que l'imagination ait les moyens de contredire la réalité et, grâce à la volonté, et d'en imposer une autre, tout en permettant une liberté et un bonheur que la réalité interdisait.

Enfin, l'imagination nous permet d'envisager un monde idéal. Ainsi, nos œuvres de fiction ne nous parlent pas uniquement de fantastique, mais nous donnent également des modèles, en décrivant un univers, des actions et des personnages parfaits, qui nous permettent de concevoir des notions abstraites telles que le courage, la liberté, l'amour ou la sagesse. Finalement, le roman de Cervantes, qui semble raconter l'histoire d'un fou, serait au contraire la description d'un idéal de conduite, conforme à un code moral, pour nous former à une certaine éthique. C'est ce qu'explique Don Quichotte par : « On institua l'ordre des chevaliers errants pour défendre les filles, protéger les veuves, favoriser les orphelins et secourir les malheureux » (chap.XI), nous faisant découvrir la noblesse d'un chevalier. On constate donc que l'imagination permettrait en quelque sorte de mesurer l'écart entre la réalité et un certain idéal, donc de critiquer cette réalité en soulignant ses imperfections, en « oubliant ce qui peut être », dans une volonté de la rendre plus parfaite, donc en montrant « ce qui devrait être ».

Conclusion

L'imagination semble tout d'abord limitée, par ses possibilités, sa nature et les limites qu'elle s'impose elle-même, donc restreinte et assujettie à la réalité.

Cependant, elle dispose d'un certain recul par rapport à la réalité et permet ainsi de l'analyser et de l'interpréter, ce qui peut nous faire accéder à une réalité différente.

Finalement, notre imagination nous permet en quelque sorte de sublimer la réalité puisqu'elle peut nous faire accéder à des sentiments différents, à la liberté, au bonheur et même à une conception de l'idéal, lorsque la simple réalité n'y suffit pas.

Bibliographie

Imagination et création

Est-il permis d'affirmer de l'imagination ce que Paul Klee disait de la peinture : l'imagination « ne reproduit pas le visible, elle rend visible ce qui sans elle, resterait dans l'ombre ou dans le néant ? »

La question porte sur l'aspect créatif de l'imagination : celle-ci copie-t-elle simplement la réalité ou lui donne-t-elle une valeur ajoutée en nous la rendant visible d'une manière nouvelle ?]

Pour Proust, l'imagination aide à la connaissance de l'autre, comme sujet et plus seulement comme objet et dépasse en cela l'entendement. Selon Malebranche, en revanche, l'imagination est déterminée par le corps donc non-créatrice. Cervantes, enfin, se sert de l'imagination de don Quichotte pour nous rendre visible un idéal.

Les grandes étapes de notre réflexion seront :

Partie I

Tout d'abord, pour Descartes, on peut distinguer deux formes de l'imagination dont l'une n'est qu'une mauvaise reproduction de la réalité. En effet, si cette fonctionnalité est censée nous permettre de nous représenter intérieurement des objets connus, comme des figures géométriques par exemple, elle ne le fait que très partiellement, et de manière imprécise. Ainsi, lorsque nous imaginons un chiliogone, polygone à mille côtés, l'image qui nous apparaît « n'est point un chiliogone, puisqu'elle ne diffère nullement de [...] quelque autre figure de beaucoup de cotés. » (Les Méditations Métaphysiques, Méditation sixième). Il apparaît donc que l'imagination ne fait que reproduire le visible, et ce de manière imparfaite.

D'autre part, l'imaginaire de Don Quichotte est tiré des romans de chevalerie. Il est clair que le héros est fortement influencé par ses lectures puisque celles-ci l'ont rendu fou : il s'imagine lui-même être un chevalier errant et agit comme si le monde réel était celui de ces romans. On remarque donc que l'imagination du personnage est basée sur l'imitation et non sur la création puisque Don Quichotte justifie toutes ses actions par des références aux livres : « Je veux imiter Amadis en faisant le désespéré, l'insensé, le forcené. J'en profiterai pour imiter en même temps le valeureux Roland » (chap.XXV, p.268). On peut donc affirmer que l'imagination de Don Quichotte, reproduit des actions et un monde déjà connus plutôt que d'en créer de nouveaux.

Pour Malebranche, enfin, l'imagination est non-créatrice. En effet, il explique dans La Recherche de la Vérité que l'imagination est toujours soumise au corps et déterminée par lui, n'étant que l'expression d'événements nerveux intérieurs au cerveau : « chez Malebranche, l'imagination est tributaire de toutes les modifications physiologiques, dont elle ne peut être la cause » (introduction au livre). Ainsi, puisque l'imagination n'est pas créatrice, elle ne peut que reproduire la réalité. De plus, cette reproduction est imparfaite puisque nous naissons avec une certaine manière de voir le monde : Malebranche explique que la naissance est une sorte de traumatisme qui marque définitivement notre imagination ce qui nous empêche de percevoir notre environnement d'une manière objective. C'est cette singularité qui rend notre imagination trompeuse. L'imagination ne permettrait alors pas de révéler l'invisible de notre monde mais nous en masquerait au contraire une partie.

L'imagination ne semble donc pas créatrice : elle se contenterait de reproduire la réalité, de façon imparfaite et limitée, ce qui ne semble pas nous la rendre visible. Cependant, l'imagination ne nous permettrait-elle pas de discerner d'autres aspects de la réalité ?

Partie II

Proust, dans Un amour de Swann, nous fait comprendre que pour connaître l'autre comme sujet et non comme objet, l'imagination est nécessaire. En effet, le soir où Swann cherche désespérément Odette dans les rues de Paris, il est en proie à une angoisse proche de la panique qui lui fait prendre conscience de sa dépendance vis-à-vis d'Odette. On constate également que c'est bien l'imaginaire de Swann, et non sa conscience, qui entre en jeu dans cette détresse ressentie, puisque Swann paraît totalement aliéné pendant cette recherche et son entendement est altéré au point qu'il se sent tout-à-fait dépassé par la réalité comme s'il souffrait d'une maladie lui faisant perdre la maîtrise de soi. C'est donc l'imaginaire qui, ici, permet de prendre brutalement conscience d'une réalité qui était jusque-là cachée à la raison. L'imagination met donc clairement en valeur certains aspects de la réalité que l'entendement ne suffit pas à interpréter.

D'après Malebranche, l'imagination nous « conduit à Dieu ». En effet, l'auteur de La Recherche de la Vérité considère comme une preuve du providentialisme le fait que l'homme fonctionne (certes, comme une machine) de manière parfaite. Ainsi, par exemple, notre humeur semble parfaitement traduite par les expressions de notre visage, à tel point qu'il est souvent possible de deviner l'état d'esprit de quelqu'un rien qu'en le regardant, notre imagination nous traduisant alors cette information. Par cette capacité, l'imagination, selon Malebranche, nous « rendrait visible » des réalités cachées au seul entendement, comme ici l'existence de Dieu.

Enfin, l'imagination nous permet d'envisager un monde idéal. Ainsi, nos œuvres de fiction ne nous parlent pas uniquement de fantastique, mais nous donnent également des modèles, en décrivant un univers, des actions et des personnages parfaits, qui nous permettent de concevoir des notions abstraites telles que le courage, la liberté, l'amour ou la sagesse. Finalement, le roman de Cervantes, qui semble raconter l'histoire d'un fou, serait au contraire la description d'un idéal de conduite, conforme à un code moral, pour nous former à une certaine éthique. C'est ce qu'explique Don Quichotte par : « On institua l'ordre des chevaliers errants pour défendre les filles, protéger les veuves, favoriser les orphelins et secourir les malheureux » (chap.XI), nous faisant découvrir la noblesse d'un chevalier. On constate donc que l'imagination nous rend ici visibles des notions subjectives.

Ainsi donc, l'imagination peut nous faire comprendre des notions abstraites ou encore prendre conscience de réalités que nous pensions ignorer. Peut-elle alors faire plus, c'est-à-dire disposer d'une puissance créatrice qui lui serait propre ?

Partie III

En premier lieu, pour Descartes, il existe une seconde forme de l'imagination, qui dispose, elle, d'une capacité de création. C'est elle qui, en effet, invente les chimères et les personnages imaginaires des œuvres de fiction : « les peintres, lors même qu'ils s'étudient avec le plus d'artifice à représenter des sirènes et des satyres par des formes bizarres et extraordinaires, ne leur peuvent pas toutefois attribuer des formes et des natures entièrement nouvelles, mais font seulement un certain mélange et composition des membres de divers animaux » (Les Méditations Métaphysiques, Première Méditation). Descartes remarque que ces êtres imaginaires, comme les sirènes, sont fortement inspirés de la réalité. Cependant, on peut noter que cette combinaison d'éléments réels constitue une création puisque ni les faunes ni les dragons n'existent dans la réalité. Cette imagination est donc bien créatrice.

Pour Proust, ensuite, l'imagination peut créer le désir en se superposant à la réalité. Ainsi, Swann, qui trouvait qu'Odette « n'était pas [son] genre », finit par la voir désirable, en calquant sur elle les traits de la Zephora de Botticelli, donc en créant une autre image d'Odette, qui transforme la réalité en son opposé. L'imaginaire de Swann cherche donc à neutraliser la réalité afin d'imposer à la place une pseudo-réalité, plus agréable. Cet imaginaire se coupe finalement de la réalité jusqu'à en devenir presque absurde, lorsque Swann s'imagine qu'Odette est le modèle qui a inspiré le tableau puis l'incarnation même du tableau : « maintenant qu'il connaissait l'original charnel de la fille de Jéthro » (p.56).

Pour Sartre, enfin, l'imagination est capable de dépasser la réalité : « si la conscience est une succession de faits psychiques déterminés, il est totalement impossible qu'elle produise jamais autre chose que du réel. Pour qu'une conscience puisse imaginer il faut qu'elle échappe au monde par sa nature même [...], en un mot il faut qu'elle soit libre. » explique-t-il dans L'imaginaire. Ainsi, si l'on suppose que notre conscience est effectivement « libre », alors celle-ci est capable de « s'extraire du monde » pour produire une véritable création qui peut alors être non-déterminée par la réalité.

Conclusion

L'imagination semble n'être au premier abord qu'une mauvaise reproduction de la réalité, une copie limitée et trompeuse.

Elle peut cependant nous faire distinguer de nouveaux aspects de la réalité ou encore faire surgir brusquement cette réalité dans notre conscience.

L'imagination est finalement capable de donner un nouveau sens à la réalité, soit en en combinant des éléments, soit en s'y superposant, et cet aspect novateur permet d'affirmer que notre imagination « ne reproduit pas le réel » mais constitue bien une puissance créatrice.

Bibliographie

Imagination et liberté

Commentaire d'une citation d'Albert Camus : « Celui qui n'a pas une fois dans sa vie rêvé d'absolu ne sait pas ce qu'est la liberté »

« Celui qui n'a pas une fois dans sa vie rêvé d'absolu ne sait pas ce qu'est la liberté » nous dit Albert Camus. L'imagination est-elle alors nécessaire à la liberté ?]

Pour Malebranche, l'imagination est clairement un obstacle à la liberté, puisqu'elle nous empêche souvent de raisonner convenablement. Pour Proust, l'imagination tisse notre vie mais ne permet pas toujours d'être libre. Pour Cervantes, enfin, l'imagination permet une exaltation de la liberté et une vraie libération.

Les grandes étapes de notre réflexion seront :

Partie I

On peut d'abord remarquer qu'en ce qui concerne Swann, le héros du roman de Proust Un amour de Swann, sa rencontre avec Odette est pour lui décisive, dans le fait qu'il tombe amoureux d'elle alors qu'elle « n'est pas [son] genre ». Ainsi, contrairement à ses amours précédentes, ancillaires, Odette est pour lui une sorte « d'anti-fantasme » : en effet, il prétend éprouver pour elle une certaine « répulsion » au début de leur relation. Cependant, c'est par l'amour d'Odette que Swann apprendra sur lui-même, en s'interrogeant plus tard sur l'expérience vécue. Cette meilleure connaissance de soi lui apporte ainsi une certaine liberté, qui est donc la conséquence non-pas de son imagination mais de l'absence d'imagination, du fait de ce non-fantasme. La liberté ne semble donc pas être le fruit de l'imagination.

D'autre part, comme l'explique Malebranche dans le livre I de La Recherche de la Vérité, Adam vivait, avant le pêché originel, dans un état parfait, donc heureux et libre. Il n'était pourtant pas soumis à son imagination, puisque celle-ci, d'après Malebranche, ne serait apparue que plus tard, du fait du vide laissé dans l'esprit humain par le départ de Dieu après le pêché. Il apparaît donc qu'Adam a vécu libre et sans imagination.

Enfin, Malebranche explique, dans les livres II et III, que notre imagination nous empêche d'être libres. En effet, celle-ci déciderait d'une partie importante du contenu de nos pensées : l'imagination étant la manifestation de phénomènes corporels et d'événements nerveux, elle n'est pas placée sous notre contrôle mais, au contraire, nous détermine, en influant sur le contenu de nos pensées. Ainsi, elle se présente fréquemment comme un obstacle au raisonnement logique et donc à la vérité. Ce pouvoir qu'a sur nous notre imagination montre donc qu'elle est nuisible à ce liberté.

L'imagination paraît donc, à première vue, un obstacle à la liberté. Cependant, n'y a-t-il pas des cas où elle autoriserait, voir encouragerait, la liberté ?

Partie II

En premier lieu, on peut constater que même si le non-fantasme qu'est Odette rend Swann libre, d'une certaine manière, celui-ci ne se sent pas moins libre dans ses amours ancillaires. En effet, celles-ci sont bâties sur des fantasmes de Swann, dont l'imagination se concentre sur une partie du corps d'une bonne ou d'une cuisinière, et ne durent jamais longtemps : Swann ne vit ainsi que « des débuts », et même si de telles relations sont critiquables (le narrateur parle de la lâcheté et de la « muflerie » de Swann), celui-ci se sent parfaitement libre et compare cette liberté à celle d'un explorateur plantant sa « tente démontable » pendant quelques jours, avant de repartir vers d'autres « aventures piquantes ». Ses fantasmes, et donc son imagination, n'étaient pas alors des obstacles à sa liberté.

Le héros de Don Quichotte, ensuite, tire une réelle liberté de son imagination. En effet, celui-ci, après avoir lu nombre de romans de chevalerie, décide de partir en cachette de chez lui et de se faire armer « chevalier errant ». Ce départ est alors une réelle évasion, et le héros ne se sent réellement libre que pendant ses sorties dans la Mancha, où il s'imagine vivre les mêmes aventures qu'Amadis de Gaule ou Palmerin et rencontrer des géants ou des armées. C'est donc son imagination qui lui permet de se sentir libre.

Enfin, Pierre Brunet nous explique en quoi Don Quichotte vit une véritable libération : celui-ci est âgé et vit à l'étroit dans son château. Ses sorties dans la Mancha, vaste plateau assez désertique, le plongent dans un espace de plus en plus vaste qu'il prend plaisir à parcourir et ses aventures le mèneront à Barcelone et même (du moins le croit-il) dans les airs, l'hémisphère Sud et les enfers ! Le héros vit ainsi une véritable renaissance puisqu'il semble plongé dans une seconde vie et est persuadé de vivre les aventures des chevaliers errants. Son imagination le libère ainsi physiquement, puisqu'il visite des lieux très étendus, et intellectuellement, puisqu'il oublie son âge et se donne pour objectif de « protéger la veuve et l'orphelin ».

Bien loin d'être un obstacle à la liberté, l'imagination semble dans certains cas l'encourager. Serait-elle alors indispensable à la compréhension de « ce qu'est la liberté ».

Partie III

On peut d'abord noter que lorsque nous souhaitons nous « évader », nous faisons souvent appel à notre imagination, en lisant des romans ou en regardant des films. En effet, ceux-ci nous font rentrer dans une histoire, en nous présentant de nouveaux lieux, personnages et actions dans lesquels, pendant quelques heures, nous nous croyons : ces fictions, en nous faisant croire que nous vivons l'action avec les protagonistes, utilisent ainsi notre imagination et nous permettent de nous divertir et d'oublier, pendant ce temps, le monde réel dans lequel nous vivons. On remarque donc que notre imagination est essentielle pour libérer notre esprit, pendant un temps, de certaines préoccupations ou du stress.

En second lieu, l'exemple d'Épictète est révélateur de la puissance que peut avoir l'imagination sur notre liberté. En effet, sa phrase, dans Les Entretiens : « taxe-toi donc d'homme libre ou d'esclave, cela ne dépend que de toi », exprime le fait que l'imagination est suffisante, si elle est couplée à la volonté, pour vivre libre, même lorsque l'on est esclave. Ainsi, l'imagination suffirait donc à la liberté, en refusant les obstacles imposés à celle-ci.

Enfin, on peut constater que l'œuvre de Cervantes ne nous présente pas seulement les aventures d'un chevalier errant : on peut également y lire son idéal de comportement. En effet, la noblesse de Don Quichotte est sa volonté d'agir en « défenseur des faibles et des opprimés ». Cette morale et les actions qu'a à accomplir le héros permettent donc d'établir les différences entre le monde dans lequel évolue Don Quichotte et un monde idéal. Ainsi, les illusions du personnage peuvent être interprétées comme le négatif d'une réalité imparfaite. Par conséquent, c'est l'imagination de Don Quichotte qui nous permettrait de cibler ces défauts et serait donc nécessaire à l'interrogation sur notre monde. Cela constituerait alors une forme de liberté en permettant d'aller au delà de la seule réalité et de sublimer celle-ci en corrigeant ses imperfections.

Conclusion

L'imagination paraît donc, à première vue, être un frein à la liberté, en gênant notre pensée.

Elle permet cependant une certaine liberté, comme le ressent Swann, voire une évasion, comme la « renaissance » de Don Quichotte.

Elle est finalement nécessaire à la liberté, parce qu'elle peut libérer l'esprit par le divertissement, l'homme par la volonté et permettre d'aller au delà de la réalité, en soulignant ses défauts.

Ainsi, comme le remarque Camus, l'imagination, le « rêve d'un absolu » est bien nécessaire à la connaissance de ce qu'est la liberté.

Bibliographie

Imagination et raison

« L'imagination est-elle l'enfance de la raison ? »

L'imagination précède-t-elle la raison ? Si oui, cela est-il souhaitable et/ou nécessaire ?]

Pour Malebranche, la raison s'acquiert par la maîtrise de la pensée et donc de l'imagination. En revanche, selon Cervantes et Proust, imagination et raison sont toutes deux nécessaires à la connaissance du monde et de l'autre.

Les grandes étapes de notre réflexion seront :

Partie I

Tout d'abord, Malebranche, dans La Recherche de la Vérité, explique que l'imagination est un obstacle à la raison. En effet, celle-ci nous distrait et, par ses effets, nous empêche de réfléchir convenablement. De plus, l'imagination est soumise à « toutes les modifications physiologiques » et aux émotions ou passions suscitées par des événements extérieurs (comme l'admiration ou la frayeur) qui la marquent fortement et elle détourne donc le cours de notre esprit, ce qui la rend trompeuse. Ainsi, puisque l'imagination s'oppose à la raison, il serait faux de dire qu'elle l'engendre.

L'exemple de Swann, le personnage de Proust, montre ensuite que raison et imagination peuvent se succéder sans pour autant qu'il y ait un lien logique entre elles. Ainsi, après avoir longuement injurié en lui-même les Verdurin, dans un moment de lucidité où Swann est conscient de leur bassesse, celui-ci annonce soudainement avoir trouvé un moyen de se faire inviter chez eux, retournant ainsi sans aucune transition dans un état d'esprit où il ne souhaite plus que voir Odette. De même, Swann a une attitude assez irrationnelle en acceptant de donner à son amante l'argent nécessaire au voyage de celle-ci à Bayreuth, avec Forcheville et les Verdurin après avoir longtemps médité sur le plaisir qu'il aurait à lui dire « non », lui-même n'étant pas invité. Ainsi, les moments où Swann est sensé et ceux où il est soumis à sont imagination ne semblent pas avoir d'influence les uns sur les autres.

Il en est de même pour Don Quichotte, qui mélange constamment la réalité avec l'imaginaire. Ainsi, celui-ci voit la réalité mais l'interprète mal, comme lorsqu'il prend deux troupeaux de moutons pour des armées et décrit les étendards, blasons et chevaliers à Sancho qui n'y comprend rien. Le discours de Don Quichotte est alors parfaitement sensé, mais il lui manque un lien avec la réalité, car lui seul se représente ce qu'il décrit. Raison et imagination co-existent donc ici, sans que ce soit l'imagination qui précède la raison.

Il semble donc faux d'affirmer que l'imagination est l'enfance de la raison. Mais n'existe-t-il pas des cas où celle-ci précède effectivement la raison ?

Partie II

On peut d'abord remarquer que chez l'enfant, l'imagination a un rôle prédominant, aussi bien par le rêve que par le jeu, tous deux étant alors souvent étroitement liés à la vie réelle (il est fréquent qu'un enfant mélange dans sa vie courante des éléments, actions ou idées tirées directement d'un rêve ou d'une occupation ludique), avant que l'esprit ne soit occupé à des problèmes plus en lien avec la réalité (le passage à « l'âge de raison »). Ainsi, dans la construction de soi, de sa personnalité et de son esprit au cours de la vie, c'est bien l'imagination qui précède la raison.

En lien avec cette idée, Malebranche conseille l'apprentissage des mathématiques dès l'enfance. En effet, le raisonnement mathématique nécessitant un certain degré d'abstraction, s'habituer à ce type de réflexion permettrait de mieux contrôler son esprit et son imagination, afin de pouvoir penser plus efficacement et plus justement, une fois délivré de l'obstacle que constitue l'imagination. Lorsque cette méthode est appliquée, c'est bien la raison qui succède à l'imagination.

Enfin, la raison, pour pouvoir appréhender et analyser une situation, un lieu ou une personne, ne se base pas simplement sur nos sens, mais également sur tout ce qui pourrait lui permettre de mieux connaître son objet, qui peut alors devenir un sujet. Ainsi, par exemple, le héros d'Un amour de Swann ne considère pas Odette uniquement avec ses sens (il parle au début d'une certaine « répulsion » vis-à-vis d'elle) mais également avec son imaginaire, lequel a associé à Odette d'abord la « petite phrase » de la sonate de Vinteuil (« l'hymne national de notre amour ») puis l'image de la Zéphora de Botticelli, qu'il substitue en lui à l'image du visage d'Odette afin de trouver cette dernière « plus désirable ». On observe donc encore que l'imagination peut précéder la raison qui, ici, se base sur elle.

La raison peut donc suivre l'imagination sans que cette dernière empêche toute réflexion. L'imagination serait-elle alors nécessaire à la raison ?

Partie III

En premier lieu, l'empirisme nécessite clairement l'imagination. En effet, un moyen fréquent en sciences d'expliquer un phénomène consiste à formuler une série d'hypothèses sur les causes des effets observés, puis à réaliser des expériences pour valider ou infirmer ces hypothèses. L'utilisation de l'imagination est alors essentielle : il convient d'avoir suffisamment d'idées, sous peine de voir toutes les hypothèses invalidées et de ne pas atteindre la solution.

D'autre part, l'imagination est nécessaire au divertissement. Ainsi, c'est grâce à notre imagination que la lecture d'un livre ou la projection d'un film nous permet, pour un temps, de nous identifier aux personnages et d'avoir l'impression de vivre les actions avec eux, au point d'en oublier temporairement où et qui nous sommes. Or, cette évasion par le divertissement et nécessaire au repos de l'esprit. En effet, elle permet d'oublier momentanément ses problèmes (et d'évacuer son stress) pour pouvoir ensuite les ré-aborder plus efficacement. En cela, l'imagination est indispensable à la raison, qu'elle libère, d'une certaine manière.

Enfin, si la raison est indispensable à l'action pour le bien, l'imagination, elle, n'en est pas moins nécessaire pour la guider. Ainsi, le roman Don Quichotte ne se contente pas de raconter les aventures d'un chevalier errant : en suivant celui-ci ainsi que par la quantité d'histoires secondaires qu'il contient, il nous révèle également son idéal de comportement et nous permet de comprendre des notions abstraites telles que la liberté, le courage ou encore l'amour. L'imaginaire du « défenseur des veuves et des orphelins » met aussi en relief les écarts entre la réalité (le monde tel qu'il est) et l'idéal (le monde tel qu'il devrait être) et permet donc la prise de conscience de ces différences en vue de l'action. C'est donc l'imagination qui peut guider l'action de la raison en vue d'un idéal.

Conclusion

Puisque raison et imagination peuvent co-exister, on ne peut pas dire que cette dernière soit « l'enfance de la raison ».

Cependant, au cours de la vie et même en sciences, l'action de l'imagination peut précéder celle de la raison.

Finalement, le fait d'imaginer est nécessaire à la réflexion, au divertissement et à l'analyse du monde, donc à la raison.

Bibliographie

Autres pages

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Unos elementos a proposito de la obra de Miguel de Cervantes y de sus protagonistas Don Quijote de la Mancha y Sancho Panza.


Cette page en français a été créée par Peter à partir d'un exposé scolaire, le 6 juillet 2007 et modifiée pour la dernière fois le 24 août 2016. Son avancement est noté 3/3.