Les mots de Sartre

Un résumé assez critique par chapitre de l'autobiographie « Les Mots » publiée par Jean-Paul Sartre en 1964.


Les mots, roman autobiographique, écrit par Jean-Paul Sartre en 1963 raconte son enfance et sa découverte des mots en deux chapitres : lire et écrire.

Le premier chapitre commence par sa généalogie : ses grand-parents maternels Schweitzer et son père Sartre, mort peu après sa naissance en 1905. Il vécut donc son enfance chez ses grands parents, avec sa mère. Celle-ci était considérée comme une enfant. Charles, le grand-père, « grand vieillard barbu », était professeur d'allemand, passionné de photographie, marqué par la perte de l'Alsace-Lorraine et « adorait » son petit-fils. Son apprentissage de la lecture est marqué par son observation de ses grand-parents et son contact avec les livres de son grand-père qui lui apprend les auteurs. La relation mise en avant est celle qui lui fait prendre les livres pour des « objets religieux » et donc son grand-père pour un « prêtre » puisque celui-ci les comprend. Il nous informe de son désir de plaire aux adultes qui l'entourent par ses lectures feintes ou « clandestines ». Ce « succès » auprès de son entourage exprime son orgueil : « idolâtré par tous », « il me fallait [...] un décret me rétablissant dans tous mes droits ». « Acculé à l'orgueil, je devins l'Orgueilleux ». Cet orgueil est mis en scène par la situation dans un train d'un voyageur sans billet, incarné par Sartre, qui prétend être indispensable, par ses « raisons secrètes qui intéressaient le France et peut-être l'humanité ». Il déclare alors que « l'orgueil est le plaidoyer des misérables ». Il décrit son passage rapide par le Lycée Montaigne, l'école communale d'Arcachon et des cours particuliers. Des visions de la mort précèdent le décès de sa « grand-mère Sartre ». Sa « foi privée » face à l'impiété de son grand-père protestant et la déception de n'obtenir qu'une médaille d'argent à une composition d'instruction religieuse. Sa « laideur » lui apparaît la première fois que l'on lui coupe les cheveux mais ne s'en rend compte qu'à 12 ans, par les « regards soucieux ou perplexes » de ses proches. Cela le conduit à « en faire trop », comme à 9 ans dans un spectacle théâtral où il tira la fausse barbe d'un camarade, plaisanterie incomprise. Il narre ses « prouesses de héros » imaginaires, fantasmes « vengeurs » imaginés « chaque soir ». Le chapitre s'achève par une description du cinéma du Panthéon : le rêve engendré par ce lieu magique et sa faune humaine plongée dans un « inconfort égalitaire ». Il se compare même au cinéma : « J'avais 7 ans et je savais lire, il en avait 12 et ne savait pas parler » mais « savait se faire comprendre ». Fasciné par le cinéma, il en fait lui-même en inventant des scènes dans la pénombre, jouant au rythme de la musique du piano de sa mère. Il jouait seul et nous explique qu'il était totalement ignoré des autres enfants des « terrasses du Luxembourg », « gringalet qui n'intéressait personne ».

Le second chapitre nous présente une nouvelle passion de Sartre : l'écriture. Celle-ci a commencé par des correspondances en vers avec son grand-père. « Par singerie », il essaie de réécrire les fables de la Fontaine en alexandrins. Et réécrit les histoires qu'il lit, ce qu'il nomme le « plagiat délibéré ». Cela déçoit son grand-père. Il invente alors plus, « jetant par dessus-bord la vraisemblance ». Cela est lié à la superstition et au spiritisme de l'époque : « la bourgeoisie prenait plaisir à s'effrayer de son ombre ». Son grand-père s'inquiète du fait que l'entourage de Sartre lui met dans la tête l'idée de devenir écrivain et surtout de vivre de sa plume. il déclare alors « je me crus doué par résignation ». Son grand-père tente de lui ôter cette idée. Sartre décrit ses rêves de l'époque, s'imaginant un « écrivain requis » et se comparant d'une manière métaphorique entre ses personnages. Il veut à tout prix « défendre l'humanité ». Il reprend alors sa métaphore filée de la littérature en religion, pensant « consacrer sa plume au rachat de ses frères » : « je voulais des obligés et non-pas des lecteurs ». Il se croit désigné par le « Saint Esprit » pour écrire : « j'étais élu, marqué mais sans talent ». Il s'imagine sa future carrière d'auteur : « mon premier livre déchaînerait le scandale ». Il s'enfuirait puis « écrirait son nom sur un manuscrit égaré » qui aurait un énorme succès longtemps après. Il enverrait tous ses manuscrits à l'éditeur et mourrait « abandonné de tous mais serein ». Il se lance alors dans une nouvelle description de la mort : « La mort était mon vertige parce que je n'aimais pas vivre. ». Il voudrait rester toujours vivant par ses livres : « mes os sont de cuir et de carton », « mes pouvoirs traversent l'espace et le temps ». Il se demande alors comment on l'interpréterait en 2013. Il s'imagine que l'on l'admirerait en disant « il a écrit dans les ténèbres ». Il se rend compte du changement de la France entre juillet et août 1914 et s'imagine encore en héros pendant la guerre. Il ne quitte plus sa mère. Il parle avec elle comme en écrivant un roman à la 3e personne. Son grand-père l'inscrit au lycée Henri IV. Il réussit plutôt bien et trouve des camarades et partage leurs jeux. Il est fortement marqué par la mort de l'un d'eux. À la fin du chapitre, une dernière réflexion sur la foi : il prétend « avoir mené jusqu'au bout la cruelle entreprise de l'athéisme ».

Je laisse la conclusion à Sartre : « Il est vrai que je ne suis pas doué pour écrire », « mes livres sentent la sueur et la peine », « je les ai souvent faits contre moi ». Il se déclare pourtant « tout un homme, fait de tous les hommes et qui les vaut tous et que vaut n'importe qui ». Malgré cette dernière phrase, on finit avec une interprétation pessimiste et désespérée du monde et de la vie la lecture des soporifiques maux de Sartre.

Bibliographie

L'auteur

Jean-Paul Sartre est né en 1905 à Paris. Il effectue ses études au lycée Henri-IV puis à l'École normale supérieure. Il est agrégé de philosophie en même temps que sa compagne Simone de Beauvoir.

Prisonnier pendant la Seconde Guerre mondiale, il changera sa manière de penser, se rapprochera de l'idéologie communiste et développera le philosophie dite « existentialiste ». Celle-ci affirme que l'existence précède l'essence, c'est-à-dire que l'être humain est entièrement libre de définir qui il est par ses actions et ne peut se retrancher derrière ses déterminismes ou ses croyances pour échapper à la responsabilité de ses actions. Selon lui, c'est la cause de l'angoisse ressentie face à la condition humaine et au néant de la mort. Cette vision athée est largement opposée au christianisme qui considère que l'homme est aimé et créé par Dieu avec un but (l'amour de Dieu et la vie éternelle) et que, si l'homme est libre de refuser Dieu, sa vraie liberté (et la source de son bonheur) est d'accepter Sa volonté.

Il meurt en 1980.


Cette page en français a été créée par Peter à partir de sources multiples et d'un exposé scolaire, le 15 mars 2004 et modifiée pour la dernière fois le 24 août 2016. Son avancement est noté 2/3.